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Futur professionnel : que faire sans le bac ?

Que faire sans le bac ? Se former, trouver un emploi, tenter un concours : des voies existent pour assurer son futur professionnel : on vous dit tout !
02/02/20239 mins
Par Hugo Messina
Hupso | Indispensable

« Sans son bac, impossible de réussir ! »… Vous avez certainement déjà entendu cette phrase. Même si ce diplôme ouvre les portes des études supérieures, il est tout à fait possible de réussir sans décrocher le bac. En effet, de nombreuses voies garantissent un accès au marché du travail, via des dispositifs d’insertion ou de retour en formation. Comment trouver une formation sans le bac ? Vers quel métier se diriger ? Existe-t-il des parcours alternatifs ? Est-il possible de repasser le baccalauréat ? Découvrez tout ce que vous pouvez faire sans le bac !

Idée n°1 : obtenir un diplôme… sans le bac

Accéder à l’université

Et oui ! Il est possible d’entrer en études supérieures à l’université, même sans décrocher un baccalauréat. En revanche, pour compenser l’absence du bac, les conditions d’accès sont souvent plus exigeantes

La première option est le Diplôme d’Accès aux Études Universitaires (DAEU). Cette passerelle a été conçue pour aider les non-bacheliers à suivre un cursus en université. Au bout de 225 heures d’enseignement, l’élève passe des épreuves pour obtenir ce diplôme, équivalent à un bac classique. Avec le DAEU en poche, vous pouvez postuler dans un cursus universitaire ou présenter un concours qui requiert un niveau bac. 

Attention, ce parcours est réservé aux candidats répondant aux critères suivants : 

  • Être de nationalité française ou ressortissant étranger avec un titre de séjour valide
  • Avoir interrompu ses études initiales depuis deux ans minimum
  • Avoir 24 ans ou plus 

OU

  • Avoir 20 ans et deux ans d’activité professionnelle ou d’activité donnant lieu aux cotisations sociales (inscription à Pôle emploi, service national, sportif de haut niveau, etc.)

Vous choisissez un parcours entre l’option A (littéraire et juridique) et l’option B (scientifique). Vos études comprennent au moins quatre matières, dont deux obligatoires, propres à votre cursus. Selon votre emploi du temps, vous pouvez capitaliser les modules. Autrement dit, le DAEU peut s’obtenir sur plusieurs années (quatre ans consécutifs maximum). 

Pour les examens, si vous optez pour la formule globale, il faudra valider une moyenne générale supérieure à 10/20. L’autre formule consiste à valider votre diplôme épreuve par épreuve, en obtenant au moins 10 à chacune d’entre elles. 

Si une carrière juridique vous intéresse, la seconde option consiste à passer une capacité en droit. Cette voie alternative donne accès à des études supérieures de droit dans une université. La seule condition : avoir 17 ans. Les études durent deux ans et sont modulables (classe en temps partiel, cours du soir, formation en ligne, etc.). 

D’ailleurs, en cas de réussite, les opportunités sont intéressantes, notamment : 

  • Poursuivre ses études (licence de droit, BUT carrières juridiques, BTS collaborateur juriste notarial, etc.)
  • Passer un concours de la fonction publique de catégorie B (niveau bac)

Bon à savoir : gardez à l’esprit qu’une capacité en droit demande du sérieux et de la rigueur. En moyenne, le taux de réussite s'élève à 20 % !

Les certifications accessibles sans le bac

Pas de bac ? Pas de problème ! Les conditions d’accès à plusieurs parcours diplômants ont été adaptées pour faire face au développement de métiers en tension. Pour rappel, un métier en tension rencontre des difficultés d’embauche, notamment à cause d’un manque de candidats ou un besoin de main d'œuvre trop élevé.

Pour trouver une formation professionnalisante, orientez-vous vers le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Aussi appelés titres RNCP, ces diplômes permettent de suivre une formation rapide (entre un et deux ans) dans divers domaines.

Par exemple, sans aucun diplôme, il est possible de se spécialiser : 

  • Dans le commerce (titre professionnel technico-commercial)
  • Dans le bâtiment et la construction (titre professionnel de conducteur de travaux)
  • Dans la gestion et la comptabilité (titre de gestionnaire comptable et financier)

À la sortie de ces études, les débouchés sont importants, sur des postes à responsabilités et souvent très rémunérateurs.

D’autres secteurs sont facilement accessibles sans baccalauréat, comme le domaine du sport et de la jeunesse. Par exemple, vous pouvez devenir coach de sport, animateur ou éducateur sportif en passant : 

  • Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS)
  • Le Certificat Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (CPJEPS)

Pour entrer dans un de ces deux cursus, vous devez réussir une admission sur épreuves et avoir au minimum 17 ans. 

La VAE et la VAP 85

Si vous n’avez pas le bac, utilisez votre expérience professionnelle pour compenser ce manque ! Grâce à la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), il est possible d’obtenir un diplôme (a minima d’être dispensé d’une partie de l’examen). 

Seule condition : justifier d’au moins un an d’expérience professionnelle dans le secteur du diplôme visé. Prenons l’exemple de Julie, qui a occupé le poste d’aide à la personne pendant deux ans. Elle peut tout à fait prétendre à une VAE d’aide-soignante pour décrocher son diplôme et lancer sa nouvelle carrière. 

La Validation des Acquis Professionnels (VAP 85) fonctionne de la même manière. Cependant, il s’adresse aux personnes qui souhaitent intégrer une formation universitaire. Pour remplacer la condition de diplôme à l’entrée de formation, il vous suffit de faire valoir votre expérience professionnelle (salariée ou non), vos diplômes ou même vos acquis personnels.

Idée n°2 : entrer dans la fonction publique 

En France, la fonction publique est répartie à différentes échelles : 

  • La fonction publique d’État, par exemple pour exercer au sein d’un ministère
  • La fonction publique territoriale, pour exercer dans une collectivité (mairie, établissement communal ou départemental, etc.)
  • La fonction publique hospitalière, notamment au sein des hôpitaux publics

À chacun de ces niveaux, il existe des postes à pourvoir sans détenir le bac ou en possédant uniquement un diplôme comme le brevet des collèges ou encore le Brevet d’Études Professionnelles (BEP).

D’ailleurs, trois accès principaux permettent d’entrer dans la fonction publique sans le bac : 

  • Un concours de la fonction publique (recrutement ou entrée en formation)
  • Un poste d’agent contractuel, comme une sorte de CDD de la fonction publique
  • Le parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, hospitalière, d’État (PACTE), réservé aux non-bacheliers entre 16 et 28 ans 

Dans le secteur administratif

L’administration publique dispose des plus importantes opportunités d’embauche. En effet, aussi bien au niveau national qu’au niveau local, le personnel administratif est indispensable au fonctionnement des structures publiques. 

Sans baccalauréat, visez le poste d’adjoint administratif. Le recrutement se fait sur dossier. Il est même possible d’accéder directement au grade supérieur (adjoint administratif principal de 2ème classe) via un concours de recrutement et en détenant un diplôme équivalent BEP/CAP. 

En devenant adjoint administratif, vous devenez fonctionnaire de catégorie C. L’avantage ? Évoluer vers des fonctions plus importantes et rémunératrices (catégorie B ou A), en passant des concours internes grâce à votre statut de fonctionnaire.

Dans le secteur médical/paramédical

Bien entendu, impossible de devenir médecin ou chirurgien sans obtenir un baccalauréat. Pourtant, le domaine de la santé regorge de professions indispensables et accessibles sans aucune condition de diplôme, notamment : 

En réalité, le parcours reste sélectif. Étape par étape, vous devrez réussir le concours, suivre une formation spécifique et valider un examen pour obtenir un diplôme d’État. Petit conseil : préparez votre concours !

Par exemple, chez Hupso, nos élèves suivent une remise à niveau en culture sanitaire et sociale et reçoivent une revue de presse, pour être au courant de l’actualité du secteur. Ces connaissances sont nécessaires pour réviser efficacement les concours du secteur médical : pensez-y !

Dans le secteur défense et sécurité

Sur le territoire national ou à l’étranger, le secteur de la sécurité recrute à tour de bras. Des institutions comme la Gendarmerie, la Police nationale ou l’Armée proposent aux non-bacheliers d’intégrer ces corps, avec des contrats renouvelables ou en tant que fonctionnaire titulaire.  

Dans la Police nationale, vous pouvez devenir policier adjoint, pour un contrat de trois ans (plus un an renouvelable). La sélection se fait uniquement sur dossier et après des tests sportifs et psychotechniques. 

Dans la Gendarmerie, l’équivalent consiste à devenir gendarme-adjoint volontaire sur le terrain. En revanche, ce poste s’adresse uniquement aux jeunes entre 17 et 26 ans. Le contrat dure six ans maximum mais sert de tremplin au concours de sous-officier de gendarmerie.

Au sein du ministère des Armées, si vous avez entre 17 et 30 ans, différentes spécialisations sont possibles sans le bac, notamment : 

  • Militaire du rang, en s’engageant comme volontaire dans l’Armée de Terre 
  • Équipier fusilier de l’Air, en s’engageant dans l’Armée de l’Air et de l’Espace (contrat de quatre ans, renouvelable jusqu’à 19 ans de service)
  • Matelot de la Flotte, dans la Marine (contrat de deux à quatre ans, renouvelable neuf ans)

Sans baccalauréat, il est également envisageable de passer un concours pour devenir gardien-brigadier de la Police municipale (niveau CAP/BEP) au sein d’une commune ou même surveillant pénitentiaire dans une maison d’arrêt (niveau brevet des collèges). 

Dans le secteur socio-éducatif

Entamer une carrière de travailleur social sans baccalauréat est totalement réalisable. Si vous avez des qualités humaines et l’envie d’aider les autres, dirigez-vous vers ce secteur. 

Plusieurs concours sont accessibles sans diplôme, notamment : 

  • Moniteur-éducateur, pour guider vers un retour à l’indépendance
  • Accompagnant Éducatif et Social (AES), pour favoriser l’insertion sociale des personnes en situation de handicap et/ou vulnérables
  • Auxiliaire de vie sociale, pour aider quotidiennement les personnes en manque d’autonomie
  • Assistant familial, c’est-à-dire famille d’accueil, pour prendre en charge des enfants en difficulté familiale (maltraitance, abandon, etc.)

En obtenant un diplôme d’État ou en faisant état d’une expérience professionnelle dans ces domaines, il est plus simple d’évoluer vers d’autres postes, comme infirmière ou professeur des écoles !