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Métiers en tension, métiers difficiles ? Stop aux clichés !

Conditions de travail difficiles, salaires faibles et manque de reconnaissance... On dit non ! Avec Hupso, fini les clichés sur les métiers en tension.
11/05/20237 mins
Par Hugo Messina
Les métiers en tension représentent des carrières d'avenir.

Chez Hupso, on forme chaque année plus de 2 000 apprenants à des métiers en tension. C’est notre raison d’être, notre lutte quotidienne. On est persuadé que ces emplois, comme infirmier, chef de chantier ou comptable, construisent le futur du marché du travail. 

Pourtant, ces professions utiles font face à un obstacle de taille : les clichés. Depuis plusieurs années, des stéréotypes s’installent dans l’imaginaire collectif. L’attractivité des métiers en tension est donc mise à mal. Aujourd’hui la rédaction de Hupso démonte tous les clichés sur les métiers en tension !

Définition : qu’est-ce qu’un métier en tension ? ?

La notion de métier en tension s’est développée récemment mais existe depuis assez longtemps. Concrètement, ce terme désigne une profession pour laquelle le nombre d’emplois vacants excède le nombre de candidats. Ce phénomène entraîne donc des difficultés de recrutement, plus ou moins fortes, pour des fonctions qui sont parfois stratégiques pour une entreprise et/ou indispensables à la société. 

Plusieurs paramètres favorisent l’apparition de métiers en tension, notamment : 

  • Un fort taux de départs à la retraite
  • Un manque de jeunes diplômés / jeunes actifs (dans ces secteurs)
  • Une image dégradée du métier
  • Un recrutement complexe (concours, examen professionnel, etc.)

Chez Hupso, on s’engage dans la valorisation des ces métiers en tension. Plus encore, on défend les « indispensables », ces professionnels qui exercent des fonctions utiles et nécessaires au bon fonctionnement de la société. 

Pour en savoir plus sur notre engagement : Manifeste pour la défense des métiers indispensables

Les 5 clichés sur les métiers en tension ?

Cliché n°1 :  les conditions de travail « difficiles » des métiers en tension

Bien souvent, les conditions de travail des métiers en tension sont dévalorisées. Dangerosité du métier, environnement de travail désagréable ou dévalorisant, contraintes d’exercice… Plusieurs idées reçues freinent encore les candidats à des postes clefs de l’économie.

C’est notamment le cas des professions du Bâtiment et Travaux Publics (BTP). Il y a quelques années, les normes sur les chantiers n’étaient pas fixées précisément, ce qui a conduit à un nombre élevé d’accidents du travail. Pourtant, les chiffres montrent bien une baisse des risques au travail. En 2010, plus de 128 000 accidents du travail étaient recensés dans ce secteur. Quelques années plus tard, en 2018, 40 000 accidents de moins ont été relevés*.

Toujours dans le BTP, beaucoup de jeunes diplômés redoutent un environnement de travail assez rude. Conditions climatiques, exposition au bruit et à la poussière ou position de travail debout… Même si ces conditions de travail se vérifient encore parfois, elles sont de plus en plus rares. En réalité, le secteur de la construction s’est largement diversifié, avec des métiers dédiés à la conception (chef de chantier, conducteur de travaux, dessinateur en bâtiment, etc.). 

Les métiers du nettoyage, de l’agent d’entretien à l’éboueur, renvoient aussi à l’image de conditions de travail dures. Les tâches sont souvent jugées comme répétitives, et la plupart des gens pensent qu’il s’agit uniquement de nettoyer des bâtiments ou trier des ordures. Néanmoins, ces postes ont désormais évolué, notamment avec des tâches orientées sur la valorisation des déchets.

*Source : Données fournies par Editions Tissot

Cliché n°2 : les métiers en tension « mal rémunérés »

Un autre préjugé récurrent concerne la rémunération des métiers en tension. Encore trop de gens pensent qu’il s’agit de professions sous-payées. Même si certaines carrières débutent au Salaire Minimum de Croissance (SMIC), la plupart des métiers en tension affichent une rémunération attractive pour inciter les actifs à occuper ces postes.

Sur ce point, les métiers de l’informatique illustrent bien la question du niveau de rémunération. Alors que le secteur souffre d’un important déficit de candidats, les salaires ont largement augmenté (aux alentours des 3 000 euros en début de carrière), pour attirer le plus d’actifs vers cette voie. 

Récemment, le gouvernement a aussi décidé d’augmenter les rémunérations de certains emplois. Par exemple, dès la rentrée 2023, tous les professeurs des écoles toucheront au moins 2 000 euros nets par mois. 

Constat similaire pour la fonction publique, où un manque de candidats se fait ressentir. Pour réagir à ce phénomène, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé un plan, incluant une renégociation des salaires des fonctionnaires.

Pour vous donner une idée, chez Hupso, toutes nos formations conduisent à des métiers en tension disposant d’une rémunération attractive, par exemple : 

Cliché n°3 : les horaires de travail sont insoutenables

Il faut être honnête, il y a des professions dans lesquelles on ne compte pas ses heures de travail. En revanche, si une part de vrai se cache de cette affirmation, il faut reconnaître que le temps de travail est de plus en plus encadré et réglementé.

Si pendant plusieurs années le métier d’infirmier a souffert d’une mauvaise image, c’est en partie à cause du nombre d’heures de travail effectuées par les soignants. Néanmoins, la fonction publique hospitalière suit aujourd’hui des règles. Par exemple, les soignants travaillent neuf heures par jour maximum (voire dix heures pour les équipes de nuit). Bien entendu, leurs fonctions induisent des gardes. En contrepartie, les professionnels de santé récupèrent des jours de repos compensateur.

Au-delà des préjugés, la plupart des métiers en tension garantissent une stabilité au niveau des horaires. Il n’y a qu’à penser aux métiers clés en entreprise, comme ceux dans les ressources humaines ou la comptabilité. Le plus souvent, ils se calquent sur un contrat aux 35 heures et respectent la durée classique du temps de travail.

Cliché n°4 : les métiers en tension sont réservés aux personnes sur-diplômées

Le niveau d’études revient fréquemment comme obstacle majeur. En effet, beaucoup de personnes pensent que les métiers en tension ne sont pas occupés en raison de la technicité des postes. Bien entendu, ce stéréotype s’avère parfois vrai, notamment dans l’informatique ou les nouvelles technologies.

Cependant, les métiers en tension regroupent une multitude de postes, accessibles à tout type de profil. En reconversion dans un autre domaine ? Sans le bac ? En reprise d’études ? Les métiers en tension offrent de larges opportunités professionnelles, pour tous les niveaux. 

La majorité des secteurs professionnels concernés ne requièrent pas forcément un niveau d’études élevé. En général, ces métiers aident même les travailleurs à donner un sens à leur travail

Le meilleur exemple est sûrement celui des métiers du social, comme moniteur-éducateur ou éducateur spécialisé, dont les formations en école durent entre deux et trois ans. On peut aussi penser aux professions de l’aide à la personne, comme les aides à domicile et aides ménagères, qui nécessitent généralement une formation sur le terrain ou de l’expérience pour débuter.

Chez Hupso, on est convaincu que le retour à l’emploi peut se faire grâce à une formation courte et professionnalisante. En moyenne, nos formations prennent jusqu’à 18 mois pour obtenir leur diplôme. En fin de compte, 85 % de nos apprenants trouvent un job dans les trois mois suivants. 

Cliché n°5 : les métiers en tension ne sont plus des métiers d’avenir

Encore une fois… c’est faux ! Les métiers en tension font face à une pénurie de candidats car de nombreux postes sont vacants. En d’autres termes, il s’agit d’emplois porteurs, en développement et/ou expansion dans les prochaines années.

D’ailleurs, le rapport de France Stratégie, publié en mars 2022, souligne cette tendance pour les métiers en tension. Au total, plus de 760 000 emplois seront disponibles chaque année, jusqu’en 2030. Selon cette étude, plusieurs professions cumulent un fort besoin de main d'œuvre et un nombre élevé de postes disponibles. 

Pour vous donner une vision plus claire des principaux métiers concernés, voici un tableau récapitulatif :

 

Métiers en tension et porteurs d’ici 2030

Métier concerné

Secteur professionnel

Nombre de postes disponibles

Nombre de postes non-pourvus

Agent d’entretien

Service

489 000

328 000

Aide à domicile

Service à la personne

329 000

224 000

Conducteur de véhicule

Service

301 000

200 000

Aide-soignant

Soin / Santé

290 000

104 000

Cadre commercial et technico-commercial

Commerce

176 000

114 000

[Bonus] Cliché n°6 : les métiers en tension sont uniquement féminisés ou masculinisés

On ne pouvait pas clore ce classement sans parler des stéréotypes de genre. Dans le monde du travail, les préjugés sur le sexe ont encore la peau dure. Régulièrement, des candidats potentiels à l’emploi se freinent, en pensant que le métier est « réservé » aux hommes, et inversement.

Malheureusement, l’existence de métiers « féminisés » et « masculinisés » domine encore le marché du travail. Au total, 70 % des femmes exercent un métier féminisé et 64 % des hommes occupent un poste masculinisé*. 

Des métiers illustrent bien cette polarisation du monde du travail. En France, 87 % des infirmiers sont des infirmières et on recense 879 000 enseignantes sur 1 202 000 professeurs en 2021 (73 % du total !). 

Néanmoins, si la mixité des genres persiste encore, cela ne signifie pas qu’il est impossible de se lancer dans une carrière professionnelle en raison de son sexe. D’ailleurs, certains secteurs, comme le BTP, commencent à évoluer sur la question. Ainsi, entre 2016 et 2021, la part de femmes a évolué de + 24 % dans le domaine de la construction, avec plus de 172 820 femmes employées en 2021.

*Source : Observatoire des inégalités